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J'ai perdu des semaines à construire un système dont personne n'avait besoin et qui a largement participé à la décision d'arrêter une boîte.

Contexte :

Il y a quatre ans, j'avais un site dans le domaine de la nutrition qui avoisinait les 300 000 visiteurs par an à ses plus belles heures.

Courbe de trafic du site nutrition

La chute.

Le modèle reposait essentiellement sur l’affiliation et tout allait pour le mieux jusqu’à ce que je me fasse dégommer par les fameuses updates Google (E-E-A-T pour ceux qui s’en souviennent).

Après de nombreux essais infructueux pour revenir dans le haut du classement, je cherchais de nouvelles idées pour réduire le risque du business model global.

J'ai alors décidé de me former au coaching en nutrition dans une école aux États-Unis (en distanciel je vous rassure) et de lancer une offre de coaching en perte de poids.

Après m’être formé durant des mois, au moment de lancer mon offre, j'ai commencé par faire un truc très logique :

perdre énormément de temps dans une activité qui ne servait strictement …

… à rien.

Avant même d'accueillir mes premiers clients, j'ai passé des semaines à construire des automatisations sur Zapier !

Formulaires Typeform (client) → Zapier → Google Sheets de suivi de poids → Emails → etc.

Un truc du genre.

P.S. : si vous venez de vous demander pourquoi j'ai utilisé Zapier entre Typeform et Google Sheets alors que vous savez qu'il existe une intégration native, continuez la lecture : vous faites partie des personnes à qui ce post va le plus servir.

De belles automatisations qui ont l'air sophistiquées de l'extérieur.

Professionnelles.

J'avais l'impression d'avoir vraiment bossé sur quelque chose.

Et puis ça s'est très vite retourné contre moi.

Sur la rentabilité, d'abord :

Pour 60 minutes de coaching réel, je brûlais facile 30 minutes à maintenir mon propre système.

À “automatiser”.

Un jour, en pleine séance de coaching avec mon premier client (salut Franck !), je me suis retrouvé à débugger une automatisation Zapier au lieu de répondre à ses questions.

Je me trompais de travail, pour une raison simple.

Je me cachais derrière la technique

Bon, disons les choses :

Avec trois clients le premier mois d’activité, un simple Google Sheets mis à jour à la main aurait largement suffi.

En réalité, je me cachais derrière la technique.

La technique me servait à éviter la seule chose qui comptait à ce moment-là : trouver et servir des clients.

La technique, c'est une zone que j'affectionne particulièrement, une zone rassurante.

Le fond du problème : j'avais tout simplement peur de me confronter à ce métier nouveau pour moi.

Alors qu'entre nous, j'avais les connaissances.

L'histoire l'a montré ensuite : je savais les transmettre, et faire « perdre des kilos par whatsapp ».

Pour compenser cette peur, j'ai créé un système complexe dans un domaine où j'étais à l'aise, et j’ai perdu beaucoup de temps à faire cela.

Pour acheter du sérieux facilement.

Trois coûts cachés derrière la complexité

Cette cachette avait un coût.

Trois, en fait :

Je construisais de la rigidité, de la dette technique, et surtout, je n'apportais pas vraiment de valeur supplémentaire au client final.

Bref, trois choses qu'on essaie d'éviter au lancement d'une entreprise ; on cherche plutôt la flexibilité, le « léger » et l'abondance de valeur.

La complexité vient toute seule

Avance rapide, trois ans plus tard :

boîte en nutrition -1 (arrêtée : il fallait choisir)

boîte dans la santé féminine +1 (c'est elle que j'ai choisie)

Cette nouvelle aventure, celle dans laquelle je suis encore au moment où j'écris ces lignes, m'a fait passer de nombreux paliers : de chiffre d'affaires, d'employés, de typologie de problèmes.

Elle m'a surtout ouvert les yeux sur un concept important.

Pas besoin d'inviter la complexité à sa table trop tôt. La complexité est inévitable quand vous scalez (surtout en France).

Ça parait simple comme constat, mais regardez un peu la vitesse avec laquelle tout peut s’emballer.

Prenons un exemple simple : la communication dans une boite.

Au début on est deux fondateurs, donc il y a une simple ligne de communication entre nous deux.

Ensuite, on recrute une employée pour gérer le service client et hop, on passe à 3 lignes de communication. Pour trois personnes, vous me direz que c’est normal.

Le problème c’est que cette complexité est loin d’être linéaire. Bien au contraire…

Ajoutons pour démontrer cela une freelance pour la gestion de projet et… on est déjà à 6 lignes de communication (une seule personne de plus, et on vient de doubler les lignes de com’).

Je me suis amusé à modéliser ce que cette complexité dans la communication représente pour 19 collaborateurs (l’effectif de ma boite aujourd’hui).

Et là, on ne parle que de communication interne.

Ajoutez les outils, les process, les clients : la complexité grimpe toute seule ; naturellement.

(On comprend au passage l’intérêt de bien structurer son entreprise en fonctions et en étages afin de ne pas devenir fou. Imaginez-vous au centre du réseau dessiné juste au-dessus…)

Pour revenir à ma petite histoire, chercher la complexité pour s'y cacher, comme je l'ai fait au début de cette boîte de nutrition, c'est clairement c**.

Aller chercher soi-même ce qui finira par vous rattraper (et au pire moment).

Au lancement d'une boîte, le réflexe à prendre c'est plutôt de tout simplifier.

D’être en mode nicolas artisan et non pas jean-luc automation.

Chercher les systèmes légers :

  • Un process que l'on peut écrire sur un dos de serviette

  • Une check-list

Et basta.

Je sais que pour certains la simplicité ça peut faire amateur ou “manque d'ambition”.

Mais c’est tout le contraire.

Donc si vous démarrez une nouvelle boite ou un nouveau projet en interne et que vous remarquez que vous évoluez dans du “compliqué”, ne faites surtout pas comme moi !

Demandez-vous si l’usine que vous construisez sert le client final ou simplement une peur enfouie en vous.

Faites simple et ne vous cachez pas derrière la technique.

⚡️ Les 5 points à retenir

  1. La complexité précoce est souvent une cachette, une peur de se lancer.

  2. La technique rassure généralement celui qui la construit et pas forcément le client final.

  3. Un système complexe sans les équipes pour le maintenir coûte cher.

  4. La complexité viendra toute seule avec la croissance, inutile de la réveiller trop tôt.

  5. Faites simple. Toujours.

🧭 Prompt à copier-coller dans votre IA

Pour les abonnés : un prompt pour vous aider à identifier si vous aussi vous vous cachez derrière la complexité. Vos actions et projets des dernières semaines servent-ils vraiment la priorité de votre entreprise ? Ou simplement vos peurs ?

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